mardi 11 avril 2017

Antonin Artaud - "Les nouvelles révélations de l'Être" (Extrait)

Voilà longtemps que j'ai senti le Vide, mais que j'ai refusé de me jeter dans le Vide.
J'ai été lâche comme tout ce que je vois.
Quand j'ai cru que je refusais ce monde, je sais maintenant que je refusais le Vide.
Car je sais que ce monde n'est pas et je sais comment il n'est pas.
Ce dont j'ai souffert jusqu'ici, c'est d'avoir refusé le Vide.
Le Vide qui était déjà en moi.

Je sais qu'on a voulu m'éclairer par le Vide et que j'ai refusé de me laisser éclairer. Si l'on a fait de moi un bûcher, c'était pour me guérir d'être au monde.
Et le monde m'a tout enlevé.
J'ai lutté pour essayer d'exister, pour essayer de consentir aux formes (à toutes les formes) dont la délirante illusion d'être au monde a revêtu la réalité.

Je ne veux plus être un Illusionné.
Mort au monde ; à ce qui fait pour tous les autres le monde, tombé enfin, tombé, monté dans ce vide que je refusais, j'ai un corps qui subit le monde, et dégorge la réalité.

(L'intégralité du texte peut se lire ICI)

Antonin Artaud -  Les corps de terre, 3 Mai 1946

samedi 18 février 2017

Necktar 2017 Volume 9 (free download)

Free download / Téléchargement gratuit / Descarga gratis 

 

Page sur Internet Archive : https://archive.org/details/Necktar2017Volume9/

Pages du site internet : http://necktar.info/Necktar_2017/Volume_9/index.htm

Lien direct de téléchargement gratuit : http://www.archive.org/…/Nec…/Necktar2017Volume9_vbr_mp3.zip

Le site de Necktar ; http://necktar.info
  
Zaz Zetoun Mind est présent sur la compilation avec "Kantüz Echoes", "Zosdenia on death row" et "Ashikamik Togül"


mardi 24 janvier 2017

JEAN PIERRE DUPREY - DESCENTE AUX ENVERS

  Là-bas, il se déplie, plus bas encore, il s’est surpris… Fantôme à chaque tournant du corps : dans le feu, affolé, dans la terre éthérée… c’est là qu’on le trouve, là, au lieudit où le soleil ne fait bouillir que la marmite des minuits

  Décor : La demeure sans fenêtre, aux regards sans porte, aux oreilles sans mur, ou seulement, seulement, alors, autour de la chambre ouverte par une blessure qui m’était faite.
Quelqu’un traduisit le langage des ombres : « Rien que le silence pour maudire ! » La voix avait l’absence du sel dans la lune.
La voix disait encore à quelqu’un : « Je t’abandonne ! »
Et ce quelqu’un venait à moi penché, sur ma mort ou inventé dans mon existence.
Quelqu’un ayant parlé, je me compris au piège de mon trajet. Quelqu’un disait : « Ah là, cerveaux, si l’on vous tourne ! »
  Et moi, je me prenais au piège de mon trajet d’ombre noyée où la mer couvait un œuf de patience.
  Et quelqu’un : « Cerveau, que de pensées enterrées sans nom ! »
  Et là je me voyais descendre dans l’imagerie d’un sable toujours plus fin et, me suivant à la trace, entendais les sable perdus voyager des pas mouvants dans ma poitrine…
Et quelqu’un : « Cerveau, fantôme chaque fois ! »

  Cela suffirait-il pour m’écarter de mes dents, pour m’éviter de mes yeux ?

J’inventais :
  Qu’ayant la mer, je me gorgeais de quelque sang, où je coulais, moi-même liquide, vers ces rivières nommées : Merci.
  Qu’ayant le temps, je me secouais d’un vent nommé Merci, en une grande carcasse de rire dont je ne finirai plus de compter les morceaux.
 Et qu’avant tout… devant mon invention, je me dressai, muraille, je relevai la face, les yeux dans les yeux du Visiteur.

( Extrait de « La fin et la manière , Le voyageur épris au rêve», 1959. Ed. Le Soleil Noir 1965)

Jorge Camacho  - Le crâne-de-nuit
(Hommage à Jean-Pierre Duprey) , 1964

dimanche 18 décembre 2016

La Gourgue d'Asque, "La petite Amazonie des Pyrénées"

Mousses et lichens donnant des allures spectrales aux arbres qui bordent le torrent jusqu'à l'Oueil de l'Arros, au cœur de "La petite Amazonie des Pyrénées" dans les Baronnies.

 Pour plus de renseignements voir ICI


























samedi 19 novembre 2016

Angèle de Foligno de Natacha Muslera (2009)

Cécile Duval interprète Angèle de Foligno

2009/45 min/couleurs 16 mm numérisé/nagra analogique

Tournage : Alpes de Haute Provence, Marseille

« Angèle » interprétée par Cécile Duval — Images Boris Belay — Son & Composition : Nicolas Gerber — Montage Keja Ho Kramer — Réalisé par Natacha Muslera

Le film nous fait entendre un texte, celui du « Livre des visions et instructions » écrit au XIIIème siècle, qui relate l’expérience absolue d’une mystique : Angèle de Foligno, franciscaine. Les images se déclinent en onze visions dans lesquelles les douleurs d’Angèle prennent corps.

« Faire entendre et faire passer ce récit aujourd'hui, réactualiser le mysticisme radical, ainsi que la portée politique qu'implique l'expérience d’Angèle de Foligno et sa persistance huit siècle après, voilà le but jamais atteint de ce film, mais qui l'aura cherché, jusqu'au bout. "


Angèle de Foligno from suitcase films on Vimeo.


Le site de Natacha Muslera ICI
Le livre des visions et instructions de la bienheureuse Angèle de Foligno
Traduit par Hernest Hello : ICI 
Sur "Archive.org" ICI 

lundi 3 octobre 2016

Jorges Luis Borges - La luna

La lune

La silencieuse amitié de la lune
(je cite mal Virgile) t'accompagne
depuis cette – engloutie aujourd'hui dans le temps -
nuit ou soirée, où tes yeux
distraits la déchiffrèrent pour toujours
dans un jardin ou un patio qui sont poussière.
Pour toujours ? Je sais que quelqu'un, un jour
pourra te dire en toute vérité :
Tu ne reverras pas la brillante lune,
tu as épuisé la somme prédéterminée
des occasions que t'accorde le destin.
Inutile d'ouvrir toute les fenêtres
du monde. C'est trop tard. Tu ne la trouveras pas.
Notre vie durant, nous découvrons et oublions
Cette douceur accoutumée de la nuit.
Certes la lune est encore au ciel.
Il faut la regarder bien. Elle est peut-être la dernière.


Jorges Luis Borges, traduction Roger Caillois


lundi 15 août 2016

Anselm Kiefer, für Georges Bataille : le bleu du ciel

Anselm Kiefer, für Georges Bataille  :le bleu du ciel
"La terre sous ce corps, était ouverte comme une tombe, son ventre s'ouvrit à moi comme une tombe fraîche. Nous étions frappés de stupeur, faisant l'amour au dessus d'un cimetière étoilé. Chacune des lumières annonçait un squelette dans une tombe, elles formaient ainsi un ciel vacillant, aussi trouble que les mouvements de nos corps mêlés."
(Extrait de « Le bleu du ciel » de Georges Bataille).

lundi 8 août 2016

Magma - Dëhrstün Klawïehr ! (audio)


Christian Vander : Piano Fender Rhodes, chant
René Stündëhr Garber : Piano Fender Rhodes, chant
Klaus Blasquiz : percussions

Théâtre du Chêne Noir, Avignon.
18 décembre 1973